lundi 31 août 2026 - 11:06
L’Ayatollah Arafi appelle à former des savants capables de répondre aux enjeux du monde contemporain

Hawzah/ Le directeur des séminaires islamiques d’Iran, l’Ayatollah Alireza Arafi, souligne la nécessité d’une vision civilisationnelle et d’une présence active dans le monde musulman.

Qom, Iran (A.P.Hawzah) – L’Ayatollah Alireza Arafi, directeur des séminaires islamiques d’Iran, a appelé à renforcer la capacité des institutions religieuses à répondre aux nouvelles questions et aux transformations du monde contemporain, tout en préservant les principes fondamentaux de l’islam et de l’école des Ahl al-Bayt(SA).

S’exprimant lors de la clôture de la 13ᵉ réunion des directeurs des séminaires islamiques des provinces, il a souligné la nécessité de former des savants dotés à la fois d’une expertise spécialisée, d’une solide culture intellectuelle et d’une vision globale leur permettant de jouer un rôle au niveau national et international.

Le Prophète Muhammad, modèle de guidance pour l’humanité

À l’occasion de l’anniversaire de la naissance du Prophète Muhammad (SA), l’Ayatollah Arafi s’est référé à plusieurs passages de la Nahj al-Balagha, soulignant que les paroles de l’imam Ali(AS) présentent une vision profonde et globale de la personnalité du Prophète de l’islam.

Selon lui, la chaîne des prophètes divins a toujours été liée, dans la perspective chiite, à des lignées et des origines considérées comme pures, et la mission prophétique a atteint son apogée avec le Prophète Muhammad.

Il a ajouté que le Prophète de l’islam constitue à la fois une manifestation des noms et attributs divins et le réceptacle de la révélation divine dans sa forme ultime et la plus complète.

L’ayatollah Arafi a également présenté le Prophète comme un modèle de guidance pour l’humanité, en citant le verset coranique : « Vous avez certes, dans le Messager d’Allah, un excellent modèle » (Coran, 33:21).

Il a souligné que cette lumière et cette guidance ne se limitaient pas à l’époque du Prophète (SA), mais avaient une portée dépassant son époque et s’inscrivant dans une perspective universelle.

La mission des séminaires islamiques

Le directeur des séminaires islamiques d’Iran a déclaré que les séminaires devaient représenter dans la société l’identité spirituelle et divine de la religion et faire de l’exemple du Prophète un principe directeur de leur action.

Il a également affirmé que l’étudiant en sciences religieuses qui entre au séminaire assume une responsabilité particulière : celle de poursuivre et de représenter la mission des prophètes et des guides divins.

Cette responsabilité, a-t-il précisé, doit se traduire dans le savoir, l’éthique, le comportement et l’engagement social des étudiants et des enseignants.

L’imam Ja‘far al-Sadiq(AS) et la consolidation de la pensée des Ahl al-Bayt

Évoquant la naissance de l’imam Ja‘far al-Sadiq(AS), l’Ayatollah Arafi l’a présenté comme une figure majeure dans la transmission et la consolidation des enseignements des Ahl al-Bayt(SA).

Il a expliqué que les conditions sociales, politiques et culturelles de son époque avaient permis à l’imam al-Sadiq(AS) de présenter de manière cohérente une grande partie de l’héritage intellectuel et doctrinal du Prophète Muhammad, de l’imam Ali, de l’imam Hussein et des autres imams(SA).

Selon l’Ayatollah Arafi, une part considérable du patrimoine narratif et scientifique du chiisme provient des enseignements de l’imam Ja‘far al-Sadiq. Ses traditions sont notamment présentes dans les domaines de la théologie, de l’histoire, de l’éthique, de l’exégèse coranique et du droit islamique.

Il a ainsi présenté le Prophète Muhammad comme la référence fondamentale de l’identité islamique et l’imam Ja‘far al-Sadiq comme une figure majeure dans l’interprétation et la systématisation des enseignements des Ahl al-Bayt(SA).

Répondre aux « événements nouveaux »

L’Ayatollah Arafi a souligné que la mission des séminaires ne devait pas se limiter à transmettre des récits religieux ou à fournir des réponses purement traditionnelles.

Se référant à la tradition attribuée à l’imam al-Mahdi(AJ) : « Quant aux événements nouveaux, référez-vous aux rapporteurs de nos traditions », il a déclaré que les séminaires devaient être capables de répondre aux transformations et aux nouvelles problématiques de la société.

Selon lui, cette mission exige une innovation continue, de la créativité et une réflexion permanente, afin de renouveler les réponses apportées aux besoins contemporains, sans s’écarter des principes fondamentaux de l’islam, du chiisme et de la méthodologie scientifique des séminaires.

Il a appelé à former des personnalités capables d’accompagner les nouvelles générations et de contribuer à l’avenir du monde musulman.

Former des savants spécialisés et polyvalents

L’Ayatollah Arafi a fait de la formation de savants polyvalents l’un des axes importants de son intervention.Il a souligné que la spécialisation scientifique n’était pas incompatible avec une formation intellectuelle globale. Selon lui, certains étudiants et jeunes savants particulièrement prometteurs doivent être orientés vers une formation permettant de maîtriser plusieurs domaines du savoir.

Il a notamment insisté sur l’importance de disciplines telles que le droit islamique, les fondements du droit, la théologie, l’exégèse coranique et la langue arabe, ainsi que sur la nécessité d’une connaissance approfondie des réalités culturelles et intellectuelles du monde musulman.

« Celui qui veut présenter au monde les idées de l’école des Ahl al-Bayt et de la Révolution islamique doit, au-delà de sa spécialité, disposer d’une vision intellectuelle et doctrinale globale », a-t-il déclaré.

Une opportunité historique dans le monde musulman

Le directeur des séminaires islamiques d’Iran a estimé qu’un nouvel intérêt pour la Révolution islamique, la pensée chiite et les idées islamiques se manifestait dans certaines parties du monde musulman.

Évoquant ses échanges avec des universitaires et des intellectuels de différents pays, il a indiqué que certains d’entre eux avaient étudié les œuvres et les idées de la Révolution islamique et de ses principales figures, ce qui leur avait permis, selon lui, d’approfondir leur connaissance de la pensée chiite.

Il a considéré cette évolution comme une opportunité historique qui ne devait pas être sous-estimée.Les séminaires islamiques, a-t-il ajouté, doivent se préparer à répondre à un nombre croissant de questions, de débats intellectuels et de demandes émanant des élites et des universitaires du monde musulman.

Attirer les talents et prévenir leur départ

L’Ayatollah Arafi a également insisté sur la nécessité d’identifier et d’attirer les meilleurs talents vers les séminaires islamiques.Il a reconnu l’importance de l’augmentation du nombre des admissions, tout en soulignant que la qualité devait aller de pair avec la quantité. Selon lui, les étudiants particulièrement doués doivent être identifiés, accompagnés et encouragés à poursuivre leur parcours au sein des séminaires.

Évoquant également l’émigration des élites scientifiques, il a appelé les responsables à mettre en place des mesures permettant de préserver les talents scientifiques du pays.

Il a estimé que les séminaires devaient, eux aussi, élaborer des programmes pour former une nouvelle génération de savants disposant à la fois d’une expertise scientifique et d’une vision intellectuelle globale.

Renforcer les séminaires dans les provinces

L’Ayatollah Arafi a demandé aux directeurs régionaux et provinciaux de lancer, à leur retour dans leurs provinces, une nouvelle phase d’actions de sensibilisation et de motivation afin d’attirer les candidats aux études religieuses.

Il a également insisté sur la nécessité de poursuivre la réorganisation des dossiers des étudiants dans les systèmes administratifs des séminaires et de clarifier leur situation et leurs activités.

Concernant les écoles religieuses, il a souligné que chaque séminaire implanté dans une région constituait un élément important de la présence de la religion et de l’école des Ahl al-Bayt.

Il a par ailleurs appelé à maintenir les programmes missionnaires, notamment les dispositifs Amin et Hejrat, conformément aux règles et aux capacités définies pour chaque province.

Une approche fondée sur une vision civilisationnelle

Évoquant le deuxième programme des séminaires islamiques, l’ayatollah Arafi a déclaré que celui-ci devait servir de cadre de référence et d’outil d’évaluation pour les responsables des différentes structures.

Il a appelé les directeurs des régions et des écoles à s’appuyer sur les documents stratégiques et sur ce programme pour élaborer des plans adaptés aux réalités locales.

Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les conseils provinciaux des séminaires, d’améliorer leur fonctionnement et de tirer davantage parti des capacités des représentants du Guide de la République islamique et des imams de prière du vendredi.

Poursuivre l’action des séminaires dans les situations de crise

L’Ayatollah Arafi a salué les actions menées par les responsables des séminaires dans le cadre des différents dispositifs mis en place pendant la période de guerre et a appelé à poursuivre ces efforts.

Il a également demandé que les décisions prises lors des visites provinciales soient examinées et suivies avec précision. Selon lui, près d’une centaine de déplacements ont été effectués au cours des dernières années et chacun avait donné lieu à des décisions dont l’état d’avancement devait être clairement établi.

Les séminaires et leur engagement envers la Révolution islamique

L’Ayatollah Arafi a appelé les responsables des séminaires à renouveler leur engagement envers le Prophète Muhammad, les Ahl al-Bayt et la mission historique des institutions religieuses.

Il a décrit la Révolution islamique comme « un phénomène majeur et remarquable de l’époque contemporaine et du monde musulman », affirmant que les séminaires islamiques se considéraient comme les gardiens de ses principes, conformément à la pensée de l’imam Khomeini et aux orientations du Guide de la République islamique.Il a également souligné l’importance de la Wilayat al-Faqih et du leadership religieux et politique dans le système de la République islamique d’Iran.

Selon lui, les séminaires demeurent attachés aux idéaux religieux, aux objectifs des martyrs, aux principes défendus par l’imam Khomeini et à la continuité du système de la Wilayat al-Faqih.

« Les séminaires se tiennent aux côtés du peuple iranien et de la Résistance »

Évoquant la situation actuelle de la région et du monde, l’ayatollah Arafi a affirmé que les séminaires islamiques se tenaient aux côtés du peuple iranien, de la communauté musulmane et des mouvements de Résistance.

Il a qualifié la Résistance de « courant mondial », estimant que, malgré les pressions, la répression ou les violences auxquelles elle peut être confrontée à certaines périodes et dans certains lieux, cette dynamique ne pouvait être durablement éteinte.

Il a également estimé que la région, le monde musulman et la communauté islamique se trouvaient à un moment décisif et a appelé à résister aux puissances qu’il a qualifiées de « tyranniques » et « hégémoniques ».

L’Ayatollah Arafi a par ailleurs appelé les responsables culturels, diplomatiques et économiques du pays à adopter une approche civilisationnelle et à œuvrer, sans crainte, à la réalisation des objectifs de la Révolution islamique.

Préparer la nouvelle année académique avec une vision civilisationnelle

À l’approche de la nouvelle année académique des séminaires islamiques, l’ayatollah Arafi a appelé à renforcer l’esprit de transformation, l’engagement et la capacité de réponse aux besoins contemporains.

Il a souligné que les séminaires ne devaient pas négliger les grands enjeux civilisationnels et devaient préparer, pour l’avenir, des savants capables d’assumer des responsabilités intellectuelles et sociales à un niveau élevé.Il a également insisté sur la nécessité de transmettre cet esprit de responsabilité, d’innovation et de service aux écoles, aux enseignants et aux étudiants.

Selon lui, cette mission dépasse les frontières de l’Iran : les fondements intellectuels et doctrinaux de l’islam ainsi que la pensée développée au sein des séminaires doivent être expliqués et présentés à l’échelle internationale.

Les résolutions de la réunion seront finalisées prochainement

En conclusion, l’ayatollah Arafi a annoncé que les discussions, recommandations et résolutions issues de la 13ᵉ réunion des directeurs provinciaux seraient examinées lors de réunions complémentaires avant d’être intégrées dans un document final.

Ce document sera ensuite présenté au Conseil supérieur des séminaires islamiques afin de servir de référence pour la poursuite des activités et la mise en œuvre des orientations adoptées.

L’Ayatollah Arafi a enfin prié pour la poursuite du chemin des martyrs, la réussite des responsables de la République islamique et l’orientation de la communauté musulmane vers la justice et la perfection, exprimant l’espoir que la Révolution islamique puisse, selon sa formulation, se poursuivre jusqu’à la Révolution mondiale de l’Imam al-Mahdi(AJ).

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